Moins connue et bien moins fréquentée que sa grande sœur, la " Petite Camargue " est la seule partie littorale du département du Gard.

Elle est séparée naturellement et administrativement de la Camargue par le Petit Rhône. Les 40 000 hectares de cette zone humide présentent une mosaïque de milieux au potentiel écologique fort, longtemps considérés comme inhospitaliers (moustiques, inondations…) et peu fréquentés sauf par quelques habitués ou chercheurs de solitude.

La Camargue gardoise doit rejoindre le réseau des Grands Sites de France (Aven d’Orgnac, Pointe du Raz, etc…). L'Opération Grand Site Camargue gardoise, à la différence de la grande majorité des autres Opérations Grands Sites, présente la particularité de porter non pas sur un seul mais sur quatre sites protégés au titre de la Loi de 1930 relative à la protection des monuments naturels et des sites : le site classé des marais de la Tour Carbonnière, sur la commune de Saint-Laurent-d'Aigouze au Nord, le site classé de l'étang de la Ville et de ses abords ainsi que le site classé du panorama découvert depuis la route littorale RD 62 sur les Remparts d'Aigues Mortes, le site classé de l'Espiguette sur la commune du Grau du Roi.

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Comme sur l'ensemble du territoire de la Camargue gardoise, ces sites font l'objet de protections spéciales : ZPS, ZICO, ZNIEFF, Natura 2000, Site Ramsar pour la protection des zones humides. Sur une superficie d'environ 8000 ha, ces trois entités présentent la particularité d'être représentatives des différentes identités paysagères de la Camargue gardoise : marais, roselières et rizières sur le site de la Tour Carbonnière, étangs et marais salants autour d'Aigues-Mortes, dunes, sansouires et marais saumâtres sur le site de l'Espiguette, sont autant de facettes de ce territoire.

Parmi les sites à fort potentiel photographique, nous pouvons évoquer :

-    La pointe de l’Espiguette

-    L’étang de Scamandre

-    L’Etang de Marette et l’étang de la Ville

-    Le bois de Boucanet

-    La Tour Carbonnière - Domaine de Mahistre

C’est à cet endroit que j’ai réalisé les photos des hérons cendrés et de la grande aigrette.

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La Tour Carbonnière est un témoignage remarquable de l’histoire de la Camargue gardoise. Construite au XIIIème siècle, à la croisée du Vieux Vistre, ancien chenal du Rhône d’Albaron, et de la route menant à la ville royale d’Aigues-Mortes, la Tour Carbonnière tenait alors lieu de poste de péage. Remaniée au XVIème siècle pour devenir un ouvrage défensif, elle fut alors équipée d’un pont-levis et sa terrasse adaptée pour recevoir quatre pièces d’artillerie ; ces aménagements sont encore visibles aujourd’hui.

Au milieu des marais, la Tour Carbonnière constitue un observatoire privilégié permettant d’appréhender dans sa globalité un paysage qui, en raison de l’absence de relief, n’est que rarement accessible. De la terrasse, le regard s’étend au-delà des marais et des roselières, au Nord jusqu’au Pic Saint Loup et aux contreforts des Cévennes, à l’Est jusqu’à la Grande Camargue et au Sud vers la Cité d’Aigues-Mortes dont émerge la Tour de Constance. Le paysage perçu est un concentré des différents modes d’exploitation et de mise en valeur de l’espace camarguais : vignes dans la plaine de Saint-Laurent-d’Aigouze et sur le cordon de Montcalm, cultures maraîchères sur la hauteur de Psalmody, pâturage extensif et sagne sur les marais situés au pied de la Tour, rizières sur le Domaine de Musette à l’Est, exploitation du sel au Sud vers Aigues-Mortes.

D’une superficie de 136,51 ha, le domaine est classé en Réserve Naturelle Volontaire depuis 1999. Le domaine fait également partie de la ZICO (Zone d'Intérêt Communautaire pour les Oiseaux) n° L.R. 23 de la "Petite Camargue Fluvio-lacustre", du site inscrit RAMSAR (convention internationale de protection des zones humides)  n° 17 de la "Petite Camargue" et enfin de la ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique) de type I n° 6186 du "Marais des Dix Portes".

Il constitue une relique des grands marais de la Souteyranne. L’exploitation agricole de ce site a été peu intensive, et le domaine présente aujourd’hui une riche mosaïque de milieux représentatifs de la Camargue gardoise (roselières, jonchaies, sansouïres, étangs, etc..) et une grande diversité faunistique : environ 150 espèces d’oiseaux utilisent cet espace, qui abrite aussi une forte population de la très menacée tortue Cistude d’Europe.

Plus d’infos sur ces pages :

http://www.camarguegardoise.com/patrimoine/patrimoine.html
http://www.conservatoire-du-littoral.fr/front/process/Content.asp?rub=8&rubec=98
http://natura2000.environnement.gouv.fr/sites/FR9101406.html
http://natura2000.environnement.gouv.fr/sites/FR9112013.html
http://natura2000.environnement.gouv.fr/sites/FR9112001.html